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Révélations ADN : vestiges coumans et pétchénègues dans la forteresse „Ryahovec“

Photo: g-oryahovica.bg

L'histoire, vieille de 5000 ans, se terre dans les ruines de la forteresse médiévale « Ryahovec », dont les fouilles ont été entreprises il y a 10 ans. Pour honorer cet anniversaire, le Musée d’histoire de la ville de Gorna Oryahovitsa a inauguré le 17 novembre une exposition qui raconte à travers des photographies et des artefacts l’histoire de nos terres, à l’époque où elles étaient habitées par des Thraces, des Petchénègues et des Coumans. "Le site est habité sans interruption depuis l'âge du bronze ancien (3000 av. J.-C.) jusqu'au XIVe siècle", explique Maya Ivanova, conservatrice en chef du musée et directrice adjointe des fouilles archéologiques, effectuées sous la direction d'Iliyan Petrakiev. Elle ajoute :

"Nous sommes en présence de structures autonomes, par exemple des hameaux, typiques de ces nomades. On y trouve également des pièces maîtresses de l'exposition du musée, comme le chaudron en céramique avec une anse intérieure, apparentée  uniquement aux Petchénègues, ou un couteau traditionnel des Coumans ; une nécropole de 15 tombes et fosses adjacentes, dans lesquelles reposent des ossements de chevaux et de vaches – ils témoignent de pratiques funéraires païennes, notamment celles des nomades de cette période."

Le site s'étend actuellement sur plusieurs hectares. Mais autrefois, quand Maya Ivanova et Iliyan Petrakiev y sont retournés, 25 ans après le premier chantier archéologique, ils l'ont trouvé complètement enfoui sous la végétation. 

"Nous nous sommes retrouvés en pleine forêt ! Bienquenousconnaissionslesite, grâceauxdocumentsetlesphotos, onn’avaitaucuneidéedel’ampleurde ce qu’on allait découvrir. Même les faubourgs de la forteresse militaire, dès l'époque du Second Empire, fourmillaient de monde, où se croisaient divers modes de vie, cultures et croyances", souligne l’experte, qui mentionne des objets d’exposition dignes d’intérêt à l'échelle mondiale :

"Un ensemble de sept vases, vieux déjà de 5000 ans, et pourtant restés intacts tout ce temps : un butin qui ferait honneur à tout musée. En plus, des artefacts intéressants ayant appartenus aux Thraces – des anses d’amphores du IIIe siècle av. J.-C., qui témoignent des relations commerciales des Thraces avec les colonies grecques de cette époque, ainsi que des pièces de monnaie en bronze et en plomb. En 2021, nous avons présenté certains de ces objets lors d’un congrès international en Roumanie. D’autre part, les objets datant du Second Empire bulgare sont autrement prestigieux. Entre autres, une assiette exceptionnelle sgraffito décorée de cyprès."  
Avec les avancées technologiques des dernières années, les archéologues accordent une attention croissante aux études interdisciplinaires, combinant l'analyse ADN, l'archéobotanique et l'archéozoologie.
"Dans la revue américaine "Nature", nous avons pu publier les résultats d'une expérience, réalisée à l'Institut de génétique de l'université Harvard. Il s’agissait d’extraire de l'ADN et de procéder à une comparaison ; utile aussi pour la datation, et nous l'utilisons donc pour les tombes d'enfants, découvertes cette année. Il y a un mois, nous avons également reçu une proposition pour participer à un projet international d'étude de maladies telles que la variole, la coqueluche, etc. Nous y participerons, nous espérons obtenir bientôt des résultats et les voir tous publiés dans un bel ouvrage collectif."
Il y a déjà des années, l'équipe d'archéologues a été rejointe par l'École d'archéologie "Ryahovec", dont les disciples travaillent sur le terrain aux côtés des scientifiques, se familiarisant avec les techniques et le matériel, rédigent les documents respectifs. "Ce qu’ils aiment le plus, paraît-il, c’est manier la pioche", dit l’archélogue avec le sourire, et, redevenue sérieuse, déclare que la rencontre avec l’histoire incite certains parmi les jeunes à la choisir comme profession.  
"L’une des enfants de chez nous, Yona Katreva, a obtenu le master, depuis deux ans elle travaille sur plusieurs projets en Allemagne, en Grèce et ailleurs, elle vient de s’inscrire en doctorat. Deux filles encore qui ont obtenu la licence professionnelle ; l’une poursuivra des études en anthropologie, l’autre – un master en archéologie, et par ailleurs, elle travaille en étroite collaboration avec nous."
En attendant que les jeunes prennent la relève de leurs maîtres, les archéologues s’orientent déjà vers de futurs projets, intégrant fouilles, analyses génétiques et nouvelles technologies. Ceux-ci pourraient nous aider à entendre encore plus clairement l'écho de pas parmi les ruines de la forteresse de Ryahovec, venu des millénaires passés.

Édition : Dessislava Chapkarova

Version française : Ivan Batalov




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