En 1952, à l’initiative de Guéorgui Boyadjiev, responsable de la rédaction "Musique traditionnelle" de la RNB, a été créé l’Ensemble de chants traditionnels de la Radio nationale. Au cœur de l’ensemble, il y avait le célèbre Groupe d’Ougartchin, dirigé par le joueur de kaval Tsvyatko Blagoev, composé d’un chœur et un orchestre d’instruments traditionnels, répartis en groupes à l’instar des orchestres symphoniques. Le répertoire était composé d’arrangements de musique traditionnelle et d’œuvres d’auteur dans le même style. Les compositeurs Filip Koutev, Nikolay Kaufman, Hristo Todorov et Stéfan Moutaftchiev travaillaient pour l’ensemble qui se produit d’abord sous la baguette de Boris Pétrov, son premier chef.
La même année, 1952, Marcel Cellier, commerçant de métaux suisse, arrive en Bulgarie où il entend pour la première fois des chants traditionnels bulgares. Rаvi, il contacte la direction de la Radio nationale bulgare et achète les droits de quelques enregistrements qu’il présente en Suisse à l’occasion d’une émission radio à laquelle son épouse Catherine Cellier donne le nom "Le Mystère des voix bulgares". L’émission existe environ 3 décennies et impulse la création de la marque mondialement connue grâce aux recherches et au travail de production fervents de l'ethnomusicologue Marcel Cellier.
Le premier disque appelé "Le Mystère des voix bulgares" qui sort en 1975, obtient le prestigieux Grand Prix du Disque de l’Académie "Charles Cros" et connaît un succès mondial.
"C’est avec une aisance stupéfiante que ces filles de la terre, gravissent, outrepassent les limites habituelles de la discipline vocale préconisée par nos conservatoires", écrit Marcel Cellier sur la pochette du disque, "Le Mystère des voix bulgares, volume 1". "Ce qu’elles conservent, elles l’ont appris au village : les mélismes, fioritures, trilles, ainsi qu’une farouche prédilection pour la seconde comme intervalle diaphonique… Elles pratiquent la seconde en chantant avec une déconcertante justesse. Un miracle ! Souvent, il en résulte un atonalisme mordant et très opposé à notre système harmonique occidental traditionnel. J’avoue qu’au début, cela me chatouillais sous les casques d’écoute, los de mes premiers enregistrements. Mais avec l’exercice – pour chanteur et auditeur – la dissonance devient consonance ! Un travail de filigrane !
Un moine au vénérable monastère de Rila a consacré douze années de sa vie pour incruster – à la pointe d’une aiguille et à la lumière tamisée des cierges de cire d’abeilles – des scènes bibliques sur une croix, un crucifix en bois de tilleul, jusqu’à perdre la vue. Le chef-d’œuvre terminé, il dit que la perfection ne pouvait être obtenue qu’au prix des souffrances. C’est dans cette même perspective que je vois la genèse du trésor des chants finement ciselés des Bulgares. Beauté de la perfection ! Perfection de la beauté ! C’est entre ces deux exclamations qu’il faut chercher… le Mystère des voix bulgares".
La première chanson du premier album mondialement connu publié sous le label "Le Mystère" est "Pilentse pee" ("Petit oiseau chante") de Krassimir Kurktchiyski (1936 – 2011). Kurktchiyski, un des compositeurs bulgares les plus talentueux et le plus interprétés dans le monde, commence son parcours artistique comme chef de l’ensemble d’Etat de chants et danses traditionnels "Filip Koutev", et plus tard de l’Ensemble de chants traditionnels de la Radio bulgare. C’est dans cette période en vouant un respect énorme à la musique traditionnelle bulgare qu’il crée ses exceptionnelles miniatures chorales qu’il appelle modestement "harmonisations de chants traditionnels". Dès les premiers tons, la chanson "Pilentse pee" interprété par l’ensemble de la Radio vous prend à la gorge.
Il n’y a pas longtemps, dans une interview accordée à Radio Bulgarie, la chanteuse lyrique britannique Jessica Leschnikoff a avoué quelles étaient ses émotions quand elle avait entendu le Mystère des voix bulgares pour la première fois : "J’ai été stupéfiée. Ce chant m’a fait pleurer, il m’a fait rire. Enfin, j’ai été saisie d’une joie que je ne pouvais expliquer car je la ressentais comme une connection. Il s’est saisi de mon cœur d’une façon dont peu de chants et de musique peuvent m’émouvoir".
Le 2e album "Le Mystère des Voix Bulgares", Volume 2 qui sort en 1988, est récompensé d’un Grammy Award du meilleur album de musique traditionnelle. Pendant les années 1990, avec la permission de Marcel Cellier, le chœur de femme de l’ensemble de chant traditionnel de la RNB dirigé par Dora Hristova, qui appartient déjà à la Télévision publique, prend le nom "Le Mystère des voix bulgares". Ecoutons-le encore une fois avec la chanson "Noces", de Hristo Todorov.
Version française : Maria Stoéva
Photos : discogs.com, Facebook /The Mystery of the Bulgarian Voices
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